Le masque à Venise

Venise, au détour du ghetto juif

Par STÉPHANIE GROMANN
23.10.2008

 

 

 

 

 

 

Venise, au dtour du ghetto juif

Les premiers Juifs font leur apparition sur l'île au Xe siècle. Ce sont principalement des marchands et prêteurs originaires d'Allemagne et du Proche-Orient, autorisés exercer Venise moyennant 5 % de leurs transactions commerciales. Dès 1366, on donne la communauté juive la permission de résider sur l'île de Spinalonga, rebaptisée Giudecca, l'exception des usuriers cantonnés Mestre. En 1385, tous les Juifs sont exceptionnellement autorisés résider Venise pendant la durée du conflit qui oppose Chioggia Venise, la Sérénissime ayant un besoin urgent de prêteurs juifs pour financer ses efforts de guerre... Les Juifs n'en sont pas moins expulsés sur ordre du Sénat en 1394, de peur que leurs activités commerciales n'empiètent sur celles des vénitiens.

Ils pouvaient y travailler et résider pour des périodes de deux semaines, condition de ne pas pratiquer l'usure, mais devaient par ailleurs porter des signes distinctifs comme la rouelle (rond jaune, en 1394), un chapeau jaune (1396) ou encore un chapeau rouge (1500). Ils ne pouvaient accéder la propriété (1423), construire des synagogues (1426) et plus d'une fois, seront contraints d'assister des messes ou forcés au baptême. En 1480, certains prêcheurs réussissent même envoyer au bûcher trois Juifs accusés de meurtres rituels et en faire lapider un autre pour les mêmes raisons en 1506.

Il n'en reste pas moins que Venise voit affluer sur ses rives un bon nombre de Juifs expulsés d'Espagne en 1492 et du Portugal cinq ans plus tard. En 1516, tandis qu'une certaine tolérance la présence juive se faisait sentir, puisqu'ils avaient désormais l'autorisation d'étendre leur champ d'action en dehors de leurs spécialités traditionnelles (ouvertures de magasins au Rialto), une majeure partie des nobles vénitiens se range étonnamment du côté des prédicateurs et demande ce que les Juifs vivent séparés du reste de la population vénitienne. C'est ainsi que le 29 mars 1516, le conseil des Pregadi publie le décret suivant : "Les Juifs habiteront tous regroupés dans l'ensemble des maisons situées au ghetto, près de San Girolamo ; et, afin qu'ils ne circulent pas toute la nuit, nous décrétons que du côté du vieux ghetto o se trouve un petit pont, et pareillement de l'autre côté du pont, seront mises en place deux portes, lesquelles seront ouvertes l'aube et fermées minuit par quatre gardiens engagés cet effet et appointés par les Juifs eux-mêmes au prix que notre collège estimera convenable". Ils auront alors trois jours pour déménager dans la zone de Cannaregio, o se trouvaient les anciennes fonderies canons.

"Nous sentons cet espace réduit, cette petite ville dans la ville, de façon de plus en plus intérieure, au plus profond de nous et de nos les : et c'est ce qui compte de ce que nous voyons ou de ce qu'il nous semble voir avec les yeux." - Paolo Barbaro, Petit Guide Sentimental de Venise.

Tandis que l'objectif clairement explicité par les vénitiens était la fois de refuser aux Juifs toute communication urbaine, de les contrôler et de les isoler, le ghetto allait s'avérer un rempart protecteur et un creuset culturel d'une rare intensité. Les chrétiens en location devaient se déplacer tandis que les propriétaires étaient autorisés augmenter les loyers d'un tiers net d'impôt, en guise de dédommagement. Si les Juifs obtenaient enfin leur quartier, proposé en vain trois siècles plus tôt, l'enfermement leur imposait travaux, et tout particulièrement ajouts d'étages pour loger tout le monde. Une raison pour laquelle avec ses immeubles de 7 8 étages, ses fenêtres collées les unes aux autres, ses appartements fragmentés et ses plafonds bas, le ghetto est surnommé "le petit Manhattan vénitien".

Au fur et mesure, il s'intègre la République de Venise qui admet la conception juridique juive de Hazakah grâce laquelle le locataire hérite d'un contrat vie. En 1583, propriétaires et résidents sont tenus de déclarer leurs biens, afin d'établir un cadastre et de payer la taxe foncière. Il se développe une spéculation entre les habitants juifs, qui sous-louent leurs biens les uns aux autres. En tout état de cause et malgré les limitations et vexations imposées par la Sérénissime, la communauté juive connaît une longue période de prospérité. Le ghetto doit bientôt s'agrandir au gré des nouveaux arrivages. Les premiers résidents étaient les Juifs d'Allemagne et d'Italie dans le sestiere de la "nouvelle fonderie", ghetto nuovo (nouveau ghetto). Arrivent ensuite, en 1545, les Juifs d'origine séfarade expulsés d'Espagne et du Portugal que l'on installe dans le ghetto vecchio (vieux ghetto), adjacent au nuovo, et pour finir, on agrandit encore un peu l'ensemble pour loger les derniers arrivants en 1633, Levantins, Marranes, grecs qui s'installent dans un petit quartier appelé ghetto nuovissimo (tout nouveau ghetto)... Grâce aux liens que tous ces Juifs entretiennent avec d'autres communautés juives de par le monde, et en particulier de l'Empire ottoman, ils contribuent l'expansion économique et commerciale de la République vénitienne. En 1655, la population juive du ghetto refleurit et s'élève 4 800 résidents alors même qu'une grande partie de la communauté avait fui la grande peste de 1630-1631.

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Source : http://www.jpost.com/servlet/Satellite?apage=1&cid=1222017607386&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

 

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